Synergies mines-infrastructures, Corridors de croissance

Dans une perspective de développement harmonieux et mutuellement bénéfique pour les entreprises et les populations, le gouvernement guinéen a identifié les synergies entre les mines et les infrastructures nécessaires à leur exploitation, et cherche à créer des « corridors de croissance » autour des axes de transports, dans le but de débloquer le fort potentiel de croissance de l’économie guinéenne, à l’échelle locale et nationale. L’intérêt est manifeste lorsque l’on sait que les coûts de transport dans les régions enclavées peuvent atteindre 77 % de la valeur des biens exportés, selon la Banque mondiale.

 

Synergies entre les industries extractives et les infrastructures

 

Compte tenu des désavantages que subissent les projets miniers guinéens en raison du manque d’infrastructures, le gouvernement guinéen a engagé une réflexion sur les voies et moyens de parer à cette situation. Deux approches émanent de cette réflexion :

  • Faire appel aux Partenariats Public-Privé pour réaliser les infrastructures nécessaires aux mines ;
  • Assurer la mutualisation des infrastructures existantes et futures pour une utilisation optimale de celles-ci.

 

C’est dans ce cadre que l’Etat guinéen, avec l’appui de la Banque mondiale a réalisé une étude sur les bénéfices économiques d’une mutualisation des infrastructures, et a développé un Schéma Directeur des Infrastructures Minières avec 3 corridors (également baptisés « Corridors de croissance ») :

  • Le Corridor Nord de croissance : autour du chemin de fer Kamsar-Sangarédi et du port de Kamsar ;
  • Le Corridor Centre de croissance : autour de l’ancien chemin de fer Conakry-Niger, du port de Conakry, du chemin de fer de la SBK et celui de Fria ;
  • Le Corridor Sud de croissance : autour du futur chemin de fer Transguinéen et du futur port en eau profonde dans la préfecture de Forécariah.

 

Pour l’exploitation de projets miniers situés dans des régions reculées, les investissements en infrastructures peuvent être très importants. Une partie du total des besoins de financement pour les projets miniers au cours de la prochaine décennie, estimé à 50 milliards de dollars, sera consacrée au désenclavement des régions productrices et à la construction de ports en eau profonde permettant l’export des minerais.

 

 

Le Corridor Sud de croissance

 

Au-delà des industries extractives, l’enjeu du développement des infrastructures réside dans la libération du potentiel de croissance du reste de l’économie. Dans le cadre du projet Simandou Sud, le chemin de fer Transguinéen multi-usages et multi-usagers qui sera développé pour acheminer le minerai extrait des mines de Simandou jusqu’au futur port en eau profonde (situé dans la préfecture de Forécariah) permettra de dynamiser le commerce dans l’ensemble de la région, ainsi que les secteurs de l’économie traditionnelle comme l’agriculture, l’horticulture, la sylviculture et l’aquaculture.

Le projet Simandou Sud et ses retombées directes et indirectes (emplois générés, sous-traitance, approvisionnement) ont le potentiel de doubler le PIB de la Guinée.

La formation étant un autre levier de croissance permettant de soutenir l’activité des PME, un programme d’assistance aux entrepreneurs locaux a par ailleurs été mis en place avec le concours de la Société Financière Internationale (SFI, groupe Banque mondiale).

 

Simandou sera l’un des plus grands projets au monde, aboutissant à un développement majeur d’infrastructures connexes, et il y a plusieurs autres projets de classe mondiale potentiels en Guinée que nous sommes impatients de soutenir – Tom Butler, responsable à l’échelle mondiale des investissements miniers, Société financière internationale (SFI), Mining Indaba, février 2014

 

 

Mutualisation des infrastructures

 

infrastructures-locomotivD’importants accords concernant l’utilisation partagée des infrastructures de l’Agence Nationale d’Aménagement des Infrastructures Minières (ANAIM) ont été signés le 24 juin 2015 à Paris.

Les infrastructures concernées sont le chemin de fer Kamsar-Sangarédi et le port de Kamsar dans la région de Boké. Leur utilisation sera désormais partagée par la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), contrôlée par l’Etat Guinéen et Halco (Rio Tinto Alcan, Alcoa et Dadco), la Compagnie de Bauxite et d’Alumine de Diandian (COBAD) contrôlée par Rusal et Guinea Alumina Corporation S.A. (GAC), contrôlée par Emirates Global Aluminum (EGA).

 

Les accords signés sont les suivants:

  • Le contrat multi-utilisateurs sur le chemin de fer, dont les co-signataires sont l’État guinéen, l’ANAIM, la CBG (à la fois concessionnaire et utilisateur), GAC et COBAD et qui définit les règles d’utilisation en commun du chemin de fer de Boké ;
  • Le contrat d’opérations portuaires liant l’État guinéen, l’ANAIM, GAC et la CBG (en qualité de concessionnaire), qui traite des modalités d’utilisation par GAC du port de Kamsar ;
  • L’accord portuaire liant l’État guinéen, l’ANAIM et GAC, qui confirme et détaille les droits conférés à GAC au niveau du Port de Kamsar en ce qui concerne plus spécifiquement les modalités de conception, de financement, de construction et d’exploitation du nouveau quai minéralier que GAC doit construire au port de Kamsar ;
  • Le contrat d’infrastructures liant l’État guinéen, l’ANAIM et GAC et qui concerne les droits et obligations de GAC relatifs à l’accès aux infrastructures existantes, à leur utilisation et leur extension.

 

C’est, en terme de mutualisation, une première aussi bien en Guinée qu’en Afrique – Boubacar Bocoum, Expert en chef du Département des Mines de la Banque mondiale, commentant l’accord de juin 2015 pour les infrastructures partagées